« Stratégie de contenu mobile » à conseiller aux Chefs de Projets

Conseil aux Chef de projet : Stratégie de contenu mobile

Pourquoi un site ET une application ? , Pourquoi avoir des contenus différents ? , Qu’est-ce que cela implique ? …

Sous un titre qui n’est pas des plus attractifs se cache pourtant une mine de réconfort…pour les spécialistes du numérique. Ceux qui se sont, au moins une fois, posé les questions, ou ayant dû répondre à leur client aux interrogations suivantes : « Un site en responsive design, ça fait effectivement tout ? », « Pourquoi un site ET une application ?, « Pourquoi avoir des contenus différents ? », « Qu’est-ce que cela implique ? » …

A ces interrogations, Karen McGrane, donne de manière très pédagogique, les éléments de réponse. Parce qu’à chaque cas, corresponds une autre réponse. L’auteur commence ainsi par préciser ce que couvre le mot « mobile », ou plus précisément ce à quoi il ne se limite pas. Passé cette introduction, suivent trois chapitres, trois manières différentes d’appréhender le contenu d’un projet numérique (selon le contexte, « avant la plate-forme » et « adaptatif »).

Le quatrième chapitre dresse la synthèse des précédent et devrait permettre au lecteur d’établir son choix stratégique. Choix qui ne sera pas sans conséquence, puisqu’une fois le contenant posé, il conviendra d’étudier AUSSI le contenu, sa granularité, sa finesse et surtout son utilité. Des travaux préparatoires qui serviront à établir le design et l’ergonomie des projets. Le dernier chapitre est dédié aux conséquences que ces choix impliquent pour l’animation des pages et pour l’organisation interne des sociétés.

Un ouvrage passionnant, d’une extrême actualité (même s’il a été publié, il y a un an et demi), au moment où la question du contenu interpelle de plus en plus de marques et d’agences.

Anonymat, RSF livre son kit de survie numérique

Citoyens, société…l’e-réputation devrait être le souci de tous. Pour vous en convaincre, je vous en ai livré des éléments ici, avec le cas d’école du Tigre[i] ou là, avec l’autre cas d’école d’Eric Dugommier le patron parfait qui n’existe pas[ii]. Mais la maitrise de son e-reputation, si elle signifie la maitrise de son image numérique, passe avant tout par la maitrise de son anonymat.

C’est Reporter Sans Frontières[iii], pour les besoins des journalistes et des citoyens qui vient de mettre en ligne un dossier détaillé intitulé « Kit de survie numérique [iv]». Vous apprendrez comment « sécuriser votre navigation [v]», « Comment protéger données et anonymat sur un téléphone portable [vi]», « Comment assurer la confidentialité de ses mails [vii]» ou « Comment se servir de TOR pour être un navigateur totalement anonyme [viii]».

Les termes rappellent des situations de crise, voire de guerre civile. C’est vrai ! Mais, il  n’en reste pas moins qu’une grande partie des recommandations devraient être connues et appliquées par un très grand nombre : professions exposées (patrons, managers, enseignants…), personnes voulant préserver leurs vies privées, parents… Sur ce que l’on appelait autrefois, les autoroutes de l’information, chaque utilisateur émet des kilos d’informations, souvent à son insu. Pour éviter les carambolages, rien de mieux que de surfer caché.

Avec ses googleglass Google regarde plus loin que ses lunettes

Avec ses GoogleGlass, Google voit loin

Alors que Google fait tout son possible pour créer le buzz autour de ses lunettes ; un de ses fondateurs allant même jusqu’à les porter ostensiblement en conférence, beaucoup s’interrogent sur le pourquoi d’une telle dépense d’énergie[i]. La réponse vient peut-être de tomber hier. Non, il ne s’agit pas de cet automobiliste distrait [ii] ou de cette arrestation [iii] filmée par les caméras embarquées qui ne constituent au mieux que l’écume de la communication ; mais dont bénéficie aussi le géant de Mountain View.

Google voit plus loin, comme nous le suggère le dernier numéro de l’excellente revue Science et Vie[iv] les utilisations visées sont d’ores et déjà ciblées : l’aide aux activités spécialisées. Il s’agit d’aides visuelles aux professionnels, comme l’illustre cette opération [v] réalisée par des chirurgiens avec des Google Glass ou monsieur tout le monde qui répare son moteur et demande « mais, au fait, un joint de culasse c’est quoi ? ». Utilisations qui nous amènent à l’annonce faite hier par Google, du lancement de Google HelpOuts[vi] , une plateforme de vidéo « payantes » d’aide aux tâches quotidiennes ! Tiens, tiens… Le coup serait alors à triple détente puisque la promotion des Google Glass ferait celle de HelpOuts, et inversement, et que, dans le même temps, il assurerait celui de la monnaie virtuelle de Google+, le helpout.

Après l’épisode raté de la numérisation des livres de toutes les bibliothèques de la planète, Google nous ferait-il une rechute du syndrome de l’éditeur ?

10 questions pour comprendre l’e-reputation

A la moitié de l’année 2011, Facebook, emblème du web 2.0, affichait 700 millions d’utilisateurs . Rapporté à la population mondiale, 10% des habitants de la Terre y seraient inscrits, communiqueraient entre eux, s’exprimeraient d’égal à égal, y compris avec les marques. Des chiffres certes à modérer : Chaque compte n’équivaut pas à un utilisateur. Mais Facebook n’est pas le seul acteur de la révolution du 2.0, YouTube, Twitter, TripAdvisor, Google+, LinkedIn…pour ne citer que les plus importants. Tous participent à cette démultiplication exponentielle des échanges et aux bouleversements qu’elle entraine. Bouleversements économiques et techniques certes, mais aussi, nous le verrons sociaux et sociétaux.

Pourquoi s’attarder sur le 2.0 ? Parce qu’il est le dernier élément d’une série d’innovations qui ont bouleversé les rapports de communication connus à ce jour. Et la communication étant le paradigme de nos sociétés, ce sont tous les rapports de forces qu’il a modifié en profondeur. En 1999, Ignacio Ramonet, Rédacteur en Chef du Monde Diplomatique à l’époque, érigeait Internet au rang de Dieu , les « Autoroutes de l’information » revêtant les 4 caractéristiques célestes : planétaire, permanent, immédiat et immatériel. Avec le 2.0 ce sont les utilisateurs qui se retrouvent investis de ces attributs.

Un pouvoir divin

Dorénavant, la voix d’un inconnu peut faire jeu égal avec celle d’un expert, d’une marque, d’une société, d’une institution. Et les utilisateurs ne se privent pas ! Les américains publient à eux seuls 250 milliards d’avis et commentaires par an. Lors de la catastrophe du golfe du Mexique, BP comptait 16 000 followers sur son compte Twitter, Un compte parodiant le géant britannique du pétrole recensait 180 000 followers . 11 fois plus ! Un phénomène dont la puissance n’est pas que quantitative. Elle est aussi qualitative. Dorénavant, 90% des internautes font plus confiance à l’avis d’un inconnu en ligne qu’à une publicité.

Des dangers à hauteur de ce pouvoir divin
Tout le monde parle. Tout le monde parle de tout. Tout le monde parle de tout le monde. Dans cette orgie communicationnelle les meilleures intentions côtoient les plus répréhensibles. La rumeur, la propagande, la manipulation y font également leur lit. Particuliers, personnalités, sociétés, hommes politiques, institutions et même Etats, comme l’illustrent les Printemps arabes, jouent leur image. Elle se nomme ici e-reputation.

Nous vous proposons une plongée en 10 questions sur le passé, le présent et le futur, de cette notion s’imposant peu à peu à peu comme centrale du paysage numérique mondiale. Une notion qui est à la confluence de nombreuses autres. Une notion qui déborde sur tous les corps de métiers du web. Nous pousserons notre réflexion sur les « pourquoi » et les « comment » afin de mieux cerner les mécanismes sous-tendant l’essor de cette notion. Nous tenterons d’explorer toutes les branches des nouveaux réseaux qui se dessinent, toutes les arborescences de ce nouveau savoir afin de mieux expliquer et donner à cerner un phénomène du Réseau, un phénomène en réseau. En y répondant, nous identifierons les « Quand », « Qui » et « Où ».

Historique, nous reviendrons sur les évolutions de l’Internet, depuis son apparition il y a deux décennies à nos jours, qui ont amenées à l’émergence du concept d’e-reputation.
Factuel, nous vous donnerons les notions et les chiffres-clés nécessaires à appréhender cette nouvelle notion. Technique, nous vous présenterons l’importance qu’ont joués les structures des systèmes d’information dans cette révolution. Sociologique, nous tenterons de mettre en lumière les impacts que ces bouleversements ont d’ores et déjà provoqués, en profondeur, sur nos sociétés.
Enfin, prospectif pour conclure, nous essaierons d’anticiper les prochaines étapes et conséquences de cette évolution.

Une approche complète pour appréhender cette mutation profonde : celle qui transforme notre société de l’information, en une société de la discussion. Une mutation en douceur mais en profondeur, qui est d’ores et déjà notre réalité.

Embarquement !

Eric Dumonpierre, le patron responsable qui n’existe pas

Eric Dumonpierre a été élu patron de l’année en 2009. Il est le PDG du laboratoire pharmaceutique BERDEN. Il est fabricant du Mutorex, molécule active destinée à lutter contre l’obésité. Ce ne sont pas les seuls caractéristiques de ce patron atypique. « Socialiste », voire « trotskiste », les qualificatifs ne manquent pas pour désigner son approche salariale et sociale. Il affiche des valeurs idéales qu’aujourd’hui aucun patron ne pourrait se vanter de respecter (salaire et primes indexés au résultat de l’entreprise, transparence totale vis à vis des employés etc..). On peut lire une interview sur le LePost[1], et sa réputation lui vaut la première page de Google sur la recherche « patron responsable ».  Il a son site officiel[2], un blog perso[3], un profil Viadeo[4] assez sommaire, un autre sur LinkedIn[5] et l’entreprise a même son blog[6].

Autre marque de gloire, Eric Dumonpierre a également des détracteurs très actifs sur la toile. Ethique critiquable accuse  l’association Lab’éthique[7], citant par exemple des tests de ses médicaments sur les animaux. Fausse politique de préservation de l’emploi, puisque l’entreprise délocaliserait en fait une grande partie de la fabrication de ses médicaments. Attaques virulentes, qui ont poussé Eric Dumonpierre et le laboratoire Berden à recourir aux services

du cabinet Beneto&Benet pour les défendre[8].

Une affaire tumultueuse ? Et pourtant combien d’entre nous en ont entendu parler ? Très peu. Et pour cause : Eric Dumonpierre n’existe pas ! Pas plus que Berden, Beneto&Beneto, ni même Lab’éthique. S’ils existent ce n’est que dans l’imagination de Ludovic François, professeur à HEC Paris…et maintenant, de manière purement virtuelle, sur la toile.

Il a créé un personnage, une entreprise, une histoire, et pour plus de consistance, des interactions avec d’autres : e-réputation, interviews, résultats d’exploitation… le tout pour arriver à les faire apparaitre en première page de Google comme un modèle de patron qui semble ne plus exister aujourd’hui ! Il a voulu ensuite ternir sa réputation. Il lui a donc inventé des faux-pas, des opposants, et même un cabinet conseil pour défendre sa réputation et attaquer les opposants. Tout n’est que pure invention, et Internet a été un outil assez facile à utiliser pour monter cette histoire de toute pièce.

Ce qui est bien réel par contre, ce sont les CV reçus par le laboratoire BERBEN, ainsi que les injonctions de vrais laboratoires intimant l’ordre de stopper la commercialisation du Mutorex

Une histoire incroyable d’e-reputation, qui démontre à quel point il est facile de créer un personnage, lui inventer une vie, et même lui porter préjudice sur le web.

Le Tigre is watching You

« Bon anniversaire, Marc. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu’on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c’est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C’est sur toi qu’est tombée la (mal)chance d’être le premier portrait Google du Tigre. Une rubrique toute simple : on prend un anonyme et on raconte sa vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées, volontairement ou non sur Internet. Comment ça, un message se cache derrière l’idée de cette rubrique ? Évidemment : l’idée qu’on ne fait pas vraiment attention aux informations privées disponibles sur Internet, et que, une fois synthétisées, elles prennent soudain un relief inquiétant. »

L’article[1] commencerait presque gentiment. Un tutoiement badin. Une proximité affichée. Mais rapidement tout s’emballe ! L’innocente victime anonyme voit des pans entiers de son intimité révélée à tout le monde.  La curiosité de l’auteur se mue en une dissection froide et méthodique. Le ton de l’auteur projette une lumière crue sur les aléas normaux d’une vie non moins normale. Sauf que, ce qui interpelle tout le monde, c’est que justement tout le monde aurait pu faire les frais de cette hypermédiatisation fulgurante. En tout cas tous ceux qui publient, ne serait-ce que des bribes éparses de leur(s) vie(s) privée(s) sur Internet.

Retour en arrière. Quand en novembre 2008 le journal Le Tigre publie son article, il ne se doute sûrement pas de l’ampleur qu’il prendra.  Il s’agissait de démontrer le peu de précaution que les gens prennent sur Internet et comment avec un peu de méthode et de curiosité, la vie de « n’importe qui » peut être, presque intégralement, connue. Voyages, loisirs, famille, vie amoureuse, sexualité… Marc L. a ingénument éparpillé sa vie sur Internet. Une plume et un peu d’imagination, ont partiellement comblé les zones de vide. Un portrait était publié. Tout le monde pouvait tout savoir de cet inconnu choisis au hasard.

En quelques mois l’article a été repris à un niveau régional, national puis international. Auparavant, Marc L. (ce ne sont pas son vrai prénom ni sa véritable initiale) a demandé d’anonymiser les textes publiés en ligne. Si le mal a été fait (les auteurs s’en sont excusés[2] auprès de l’intéressé) la démonstration avait été apportée. Démonstration de ce que beaucoup savaient de manière diffuse, mais que peu avait testé avec autant réalisme.

L’article est devenu  un cas d’école, bien loin du Tigre. Alain Juppé l’a cité pour indiquer à quel point il se méfiait de Facebook dans un article du Figaro. Des médias internationaux l’ont repris. C’était en 2008. Le réseau social de Mark Zuckerberg ne comptait « que » 100 millions d’utilisateurs (il en atteint près de 6 fois plus deux ans et demi plus tard). Twitter réalise sa première levée de fonds et sa valeur est évaluée à 500 millions de dollars (elle est de

7,7 milliards à la mi-2011), le web 2.0 n’a fait son apparition dans le grand public qu’un an et demi plus tôt. Imaginez tous les outils de communication qui sont apparus depuis. Vous aurez une idée de la démultiplication des potentiels d’indiscrétion…

Twitter, Facebook et les printemps arabes

Après des années de régimes dictatoriaux, l’année 2011 débuta par des mouvements contestataires agitant le Maghreb. Les autorités les ont  réprimés souvent avec violence, parfois avec des morts. En Tunisie, un homme s’immole. Les réseaux Twitter et Facebook sont abondamment utilisés pour relayer l’information .Celle-là, le nombre de blessés, de morts, les affrontements, des défaites de la police, de l’armée… Chacun de ces échanges entame peu à peu l’e-réputation du président  Ben-Ali. Il avait tenté de mettre en place un cyber-régiment pour museler Internet[1]. Peine perdu. Son régime sera le premier à tomber dans ce « printemps arabe ».

En Egypte, la mesure tentée a été encore plus radicale. Coupure du réseau. Peine perdue ! Des FAI improvisés se sont montés, le réseau de téléphone portable a fourni des accès… l’e-reputation du  président Moubarack n’a pu être protégée. La rue le renversera.

Au moment où nous écrivons, en Syrie, le Président syrien Bachar El-Assad, semble avoir réussi à museler Internet, il est encore en poste. Au Yémen, au Tchad, la rue est toujours en ébullition, Internet y semble moins utilisé. Bien-sûr, nous ne disons pas que ces régimes se sont écroulés uniquement à cause de la destruction de leur e-reputation. Mais il s’agit d’une des composantes qui a provoqué leur chute. Dans de nombreuses révolutions modernes (Pologne, Allemagne, Russie, Roumanie…), les destructions d’images ont suffi à révéler les faiblesses des régimes et à galvaniser les contestataires. Lors du Printemps arabe, ces destructions d’image se sont faites en partie sur Internet.

Comment les « Autoroutes de l’information », ont mutées en orgies de discussions puis en révolutions ?

Si proche et déjà lointain le web 1.0 fait référence à la première maturité d’Internet, soit la période allant de son apparition (aux yeux du grand public) 1996 en France, à 2006, l’arrivée de Facebook.

En ce qui concerne notre problématique, c’est-à-dire selon un point de vue communicationnel, cette première phase est divisée en deux sous-parties : avant l’apparition des blogs et après. La charnière se situant environ à l’année 2003. Avant cette époque Internet était très homogène, aux mains des rares individus et sociétés à avoir des connaissances techniques suffisantes, des serveurs et des moyens à investir. Les business angels désignaient les plus méritants autrement dit les plus potentiellement rentables… Tout au plus, les mails permettaient de faire circuler les contenus émis par d’autres. L’apparition des blogs, ou plus exactement dans un premier temps des plateformes de blogs, a offert des espaces d’expression inédits. Certes il fallait s’enregistrer auprès de ces sociétés privées, accepter leurs contraintes et limitations techniques, leurs graphismes er ergonomies, mais tout un chacun pouvait s’exprimer et faire valoir son opinion…au sein des opinions des autres. MySpace, Skyrock en France, hébergeaient les monologues de tout le monde. Quelques fonctionnalités entretenaient des échanges.  Les voix les plus fortes, les plus originales, les plus actives étaient rares à peser. Le besoin d’identifier ces inconnus prenant la parole sur la place publique s’est rapidement fait ressentir. Si des coordonnées de bloggeurs n’apparaissaient pas en ligne, s’adresser à eux ne nécessitaient « que » de contacter les hébergeurs de blogs. Les procès et leurs cortèges de jurisprudences veillaient à sanctionner facilement les voix jugées les plus radicales. L’affaire Altern devait marquer les esprits. D’autres ont suivis.

Le premier élément du 2.0, en tout cas à ses débuts, c’était l’apparition des commentaires. Sur les plateformes de blogs ces parties consacraient l’interaction de la communication. Un article, des commentaires. Ils étaient l’indicateur le plus direct des influences et influenceurs. Ce critère fonctionnant également sur les sites de presse. Liberation.fr revendiquait alors une majorité de la consultation de son site pour l’écriture et la lecture des commentaires. Les « trolls », personnages sous pseudo ou non, inondent les bas de page de commentaires haineux. Une nuisance ? Pas tout à fait. Ils ont comme effet second d’augmenter les pages vues, lors de l’écriture et encore plus par leur lecture…

Mais le 2.0 est officiellement né avec Facebook et Twitter, redistribuant les cartes des conversations, bouleverseront définitivement les rapports établis IRL (In Real Life). Pour les plus grands adeptes de ces réseaux, l’essentiel des rapports humains s’y déroulent. Il est possible d’y suivre tous les éléments d’une vie. Eléments factuels, communication phatique, humeur du jour, confessions, règlements de comptes, remerciements… Toutes les éléments de vie y sont racontés ou même montrés. Aux Etats-Unis un mariage sur cinq [1]est né d’une rencontre sur Internet en 2010. Dans le même temps 2 divorces sur 5[2] lui étaient imputables. Le réseau fait mais il détruit aussi. C’est lui qui a fait tomber des régimes entiers après que leurs e-reputations eurent succombé.

CGU

Le Contenu Généré par les Utilisateurs est l’essence du web 2.0. Sur TripAdvisor, ce sont des avis sur les hôtels et restaurants. Sur Flick’R ou YouTube, ce sont des photos ou des vidéos déposées par les internautes et les commentaires qui y font suite. Sur Facebook, ce sont les commentaires, les statuts, les textes sur les murs, les photos… Google vient de modifier son algorithme. La mise à jour appelée Panda réhabilite les contenus originaux et fait donc « remonter » les pages avec des commentaires authentiques (par opposition au Spam ou aux commentaires dupliquées). Cette initiative s’est faite à peu près au même moment où le même Google se lançait dans la bataille des réseaux sociaux avec Google+, un concurrent à Facebook ou Twitter selon les experts. Les éléments que les internautes y publient sont de part leurs caractères intimes au cœur de leur e-reputation.

Traces numériques

Sur Internet, l’anonymat technique est l’exception. Atteindre cet Everest nécessite un haut niveau de compétence. Pourquoi ? D’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que pour toute page web consultée (à partir d’un ordinateur, d’un téléphone…) un ordinateur reçoit ET émet des données. C’est le principe de base de la communication dite « sous IP ». La première des choses partagée lorsque l’on se connecte à Internet est l’adresse IP (Internet Protocol). Cette adresse IP, constituée d’une série de chiffres unique, par exemple 174.253.425.43, permet d’identifier le terminal qui se connecte et à partir procéder aux transferts. Elle est un peu comme une adresse postale ou un numéro de téléphone, permettant de localiser le pc. Elle permet aux différents ordinateurs d’un même réseau de communiquer entre eux.

L’adresse IP permet d’identifier facilement depuis quel pays se connecte un ordinateur. Elle peut aussi permettre, grâce à des moyens techniques un peu plus développés et onéreux, de géolocaliser[1] précisément l’endroit d’où se connecte le pc ou la localisation précise[2] d’un mobile. Les sites auxquels un internaute se connecte savent également quel est votre fournisseur d’accès Internet, quel est son système d’exploitation (Windows, Mac OS X, Linux, etc.) et quelle est la page qui l’a conduit jusqu’à ce site (résultats Google par exemple ou page avec un lien sur lequel l’utilisateur a cliqué). Ainsi à chaque connexions à Internet, des informations seront stockées plus ou moins longtemps. Celles qu’on appelle parfois les « traces involontaires » sont plus nombreuses qu’on ne le pense, surtout pour un internaute non-averti.

Viennent ensuite les cookies, envoyés par les sites sur lesquels l’utilisateur surfe et stockés sur son ordinateur. Ce sont de petits fichiers (à peine quelques dizaines de Kilo-octets) envoyés sur le disque dur lors d’une visite d’un site, et qui pourront être relu à la prochaine visite sur ce même site. Les cookies stockent des informations telles que les préférences, comme par exemple le fait de consulter les pages en Français, et permettent ainsi d’offrir une navigation plus personnalisée. C’est par exemple grâce aux cookies que certains sites reconnaissent les visiteurs et souhaitent la bienvenue avec leurs prénoms.

Ces cookies sont invisibles, c’est-à-dire que l’utilisateur ne sait pas quand ils sont envoyés sur son pc. Cependant, il peut configurer les paramètres de son navigateur pour choisir d’être averti lors de l’envoi de cookies, ou pour complètement refuser de les recevoir. Ils ne sont pas dangereux pour l’ordinateur, mais on peut d’une certaine manière considérer qu’ils portent atteinte à la vie privée. Comme ce fut le cas récemment avec MSN et Huluru qui ont récupéré les informations de tous les cookies de leurs visiteurs[3].

Les moteurs de recherche peuvent également collecter certaines informations concernant leurs utilisateurs,  comme leurs centres d’intérêt ou passions, grâce aux mots-clés saisis et aux sites consultés. Ces techniques de traçage et de suivi ont un même objectif: établir le profil des internautes, c’est à dire connaître leurs goûts individuellement et leurs habitudes dans le but de faire consommer plus, grâce à ce qu’on appelle la publicité ciblée. Les publicités apparaissant par exemple sur les boites emails, reprenant des sites récemment visités ou similaires en sont une illustration. Voire depuis quelques temps des publicités se rapportant à des sujets évoqués dans les mails, ou même encore des sujets abordés par les amis avec d’autre[4] !

Pour se rendre compte de ce phénomène de collecte d’informations une démonstration est à disposition sur le site de la CNIL  qui propose une expérience rapide et illustrant parfaitement ce que sont ces traces involontaires[5]. Il est important de garder à l’esprit qu’à chaque connexion, en consultant simplement des sites, des informations concernant l’internaute sont transmises. Et on ne parle ici que de traces laissées de manière totalement involontaires… Avec l’internet mobile ce phénomène est amplifié !